En visite en France, le pape denonce l'avortement, l'euthanasie et affronte la crise des abus
A Lourdes, Leon XIV a qualifie la legalisation de l'aide a mourir de fausse compassion, tout en rencontrant des victimes d'abus commis par des membres du clerge, dans un pays laic ou ces positions font debat.
Le pape Léon XIV a poursuivi dimanche sa visite en France par un déplacement a Lourdes, le sanctuaire catholique associé aux guérisons miraculeuses, où il a durci son discours contre l'euthanasie et l'avortement, dans un pays officiellement laïc dont les positions s'écartent nettement de l'enseignement de l'Eglise sur ces questions.
Devant les malades et les personnes en situation de handicap rassemblés a Lourdes, le pape a affirmé que c'est précisément au nom de cette dignité inaliénable de la personne humaine que nous devons rejeter la tentation de provoquer la mort sous couvert de fausse compassion. Il a également averti que ce qui est légal n'est pas nécessairement moral, une formule directement adressée a la loi française entrée en vigueur en juillet, qui a fait du pays le cinquième au monde, après les Pays Bas, la Belgique, la Suisse et le Canada, a légaliser le suicide assisté pour les personnes atteintes de maladies incurables et douloureuses.
Le séjour du pontife intervient alors que la France a récemment inscrit le droit a l'avortement dans sa Constitution, creusant encore l'écart entre les positions de l'Etat laïc et celles de l'Eglise catholique sur les questions de vie et de mort. Cette tension traverse l'ensemble de la visite de Léon XIV, marquée par des foules considérables, avec environ 800 000 fidèles rassemblés pour sa messe place de la Concorde a Paris.
Lourdes est également devenu, ces dernières années, un lieu de recueillement pour les victimes d'abus commis par des membres du clergé. Le pape devait y rencontrer sept survivants, dont une personne agressée alors qu'elle était déjà adulte, une reconnaissance explicite de ce que l'Eglise catholique désigne désormais comme un nouveau front dans la crise des abus. Le sanctuaire est par ailleurs associé a une affaire particulièrement sensible: Marko Rupnik, l'un des mosaïstes les plus célèbres de l'Eglise, dont les oeuvres ornent l'une des basiliques de Lourdes, est actuellement jugé devant un tribunal du Vatican, accusé par plus de deux douzaines de femmes d'abus psychologiques, spirituels et sexuels remontant aux années 1990.
Le pape a rencontré les évêques français avant de célébrer une messe devant environ 150 000 personnes a Lourdes, clôturant ainsi une journée symbolique qui aura mêlé message spirituel sur la protection de la vie et reconnaissance directe des blessures infligées par l'institution qu'il dirige.
Ce récit s'appuie sur des informations rapportées par France 24 et CBS News.