Face à la montée continue de l'extrême droite, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont fait des choix similaires: reprendre à leur compte une partie des thèmes portés par le Rassemblement national et l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), dans l'espoir de leur couper l'herbe sous le pied. Ce que plusieurs analystes décrivent aujourd'hui comme une stratégie d'étranglement s'est jusqu'ici surtout traduite par l'inverse de l'effet recherché.
En France comme en Allemagne, le raisonnement politique était le même: en durcissant le discours et les politiques sur l'immigration, la sécurité et l'islam politique, les partis de gouvernement espéraient priver l'extrême droite de ses munitions et reconquérir une partie de son électorat. Emmanuel Macron a ainsi multiplié les textes et prises de position sur ces sujets, tandis que Friedrich Merz a récemment affirmé, aux côtés du président syrien Ahmed al Charaa, souhaiter le retour en Syrie d'environ 80% des ressortissants syriens installés en Allemagne, une position saluée par une partie de sa propre majorité mais critiquée jusque dans son propre camp.
Le problème de cette approche, selon plusieurs politologues cités par la presse, est qu'elle revient à accepter de jouer sur un terrain de jeu défini par l'extrême droite elle même. En mettant en avant les thématiques identitaires et sécuritaires, les deux dirigeants ont non seulement legitimé ces enjeux comme prioritaires, mais ont aussi provoqué des défections dans leur propre camp progressiste, sans pour autant convaincre les électeurs les plus radicaux, qui continuent de leur préférer l'original a la copie.

