Cinq policiers ont été gravement blessés vers midi le dimanche 9 août sur une route départementale au nord de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, après un refus d'obtempérer. Leurs jours ne sont pas en danger. L'un souffre d'une clavicule cassée, un autre de cervicales endommagées. Le conducteur a quitté les lieux à pied et reste activement recherché.
Le déroulé, tel que le décrivent L'Indépendant et Marc Defrenes, du syndicat Alliance Police Nationale, au micro de RMC, commence par un contrôle de routine. Des policiers repèrent un conducteur au téléphone au volant et décident de l'arrêter. L'homme fait mine d'obtempérer, commence à baisser sa vitre, puis accélère et prend la fuite. Les policiers déploient un dispositif d'interception, la barre jetée en travers de la chaussée pour crever les pneus. Plusieurs véhicules de police prévenus par radio se rapprochant, le conducteur fait demi-tour et emprunte la bande d'arrêt d'urgence à contresens. Il pile ensuite brutalement, contraignant les voitures lancées à sa poursuite à freiner, et la première percute l'arrière de la seconde. Marc Defrenes rapporte que tout l'équipage a compris qu'il allait percuter, qu'ils roulaient à 80 kilomètres-heure et qu'ils ont eu très peur.
Le détail qui mérite attention est que les blessures viennent d'une voiture de police en percutant une autre, et non du véhicule en fuite heurtant quelqu'un. Ce n'est pas rare. Dans la plupart des accidents de poursuite, le dommage naît de la dynamique que la poursuite elle-même crée, et c'est précisément pour cela que la doctrine en France comme ailleurs repose sur une évaluation continue du risque et sur la possibilité d'interrompre la course. Un conducteur qui freine brusquement sur une bande d'arrêt d'urgence exploite délibérément cette dynamique.

