Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, a adressé un rappel à l'ordre à François Piquemal, conseiller municipal d'opposition et député de La France Insoumise, sur la manière dont il célèbre les mariages civils au Capitole. La lettre fait plus de deux pages et s'achève par une conséquence énoncée sans détour : si les manquements qu'elle relève ne sont pas corrigés et les règles élémentaires strictement respectées, le maire pourra lui retirer la possibilité de marier.
L'affaire a commencé la semaine dernière lorsque Nathalie Capdevielle, élue chargée des célébrations, a publié une vidéo reprochant à François Piquemal de s'être filmé depuis le fond de la salle des Illustres, en parlant très fort, pendant qu'elle officiait. Elle y a vu un manque de respect et a dénoncé plus largement une politisation des mariages, en visant les propos de l'élu invitant les Toulousains à refuser d'être mariés par la droite radicale et à demander un élu LFI. François Piquemal a qualifié l'incident de minime et estimé qu'il avait été monté en épingle.
Le point de droit contenu dans la lettre est celui qui compte, et il n'est pas évident pour la plupart des gens. Un élu d'opposition peut célébrer un mariage, mais ce n'est pas un droit. C'est un simple usage, accordé quand les futurs époux le demandent, à la seule discrétion du maire, que la loi n'oblige à rien. Jean-Luc Moudenc écrit qu'il l'a toujours accordé. Il fait aussi comprendre que ce qu'il a toujours accordé, il peut cesser de l'accorder.

