Un slogan au mélange volontairement absurde, "Bismillah c'est les ténèbres", est devenu l'un des mots d'ordre les plus repris lors des manifestations qui ont rassemblé des centaines de milliers de personnes en France ce week end. Selon des étudiants, l'expression serait née début octobre d'une tentative d'infiltration policière sur Snapchat, un compte au nom de "Mamadou" ayant mêlé maladroitement de l'arabe, des expressions familières et des emojis du drapeau algérien, au point de paraître immédiatement artificiel aux yeux des jeunes utilisateurs.
Les autorités n'ont pas confirmé cette version des faits, qui reste a ce stade invérifiée. Mais le slogan, repris en moquerie, est devenu pour de nombreux manifestants un symbole plus large: celui d'un profilage racial perçu comme répandu au sein des forces de l'ordre, et d'un décalage entre les autorités et le quotidien de la jeunesse, déjà marqué par des classes surchargées, un manque d'enseignants et des inégalités entre établissements.
Youssef El Chazli, maître de conférences a l'université Paris 8, estime que l'expression "renforce une image de policiers déconnectés, remplis de stéréotypes." Le slogan a depuis essaimé au dela des frontières françaises, repris lors de rassemblements en Italie et en Belgique.

