Une équipe de chercheurs travaillant en France a analysé plus de 116 000 enregistrements de chants couvrant 3 160 espèces de passereaux, et constaté que cette immense variété se ramène à huit motifs élémentaires. Le travail paraît dans Science, sous la direction de Quentin Bacquelé, des universités de Saint-Étienne et de Montpellier.

Les huit sont trois types de trilles à des vitesses différentes, trois types de sifflements se distinguant par la façon dont la hauteur évolue, et deux structures plus complexes que l'équipe appelle notes chaotiques atonales et empilements harmoniques. Une espèce en mobilise en moyenne environ cinq, et près de deux tiers des chants en combinent plusieurs en séquences plus longues. La diversité est donc réelle, mais combinatoire plutôt qu'illimitée.

La géographie transforme le catalogue en résultat. Les motifs simples, les sifflements plats en particulier, dominent en milieu tropical, où un oiseau doit se faire entendre à travers une végétation dense et un paysage sonore encombré. Les motifs complexes comme les trilles ultrarapides sont plus fréquents en région tempérée, où les territoires sont plus petits, la végétation plus claire et la saison de reproduction courte, si bien qu'un chant transportant plus d'information en moins de temps vaut davantage.

Cela donne à la discipline ce qui lui manquait : un vocabulaire commun et réduit pour comparer les chants entre espèces et entre continents, au lieu de décrire chacun dans ses propres termes. Cela donne aussi au suivi de conservation une unité maniable. Le matériel d'enregistrement est bon marché et fonctionne en continu, et un système capable de compter huit motifs peut mesurer ce qui chante dans un habitat, et ce qui s'est tu.