Les autorités françaises ont fait état de quatre morts lors de tentatives de traversée de la Manche dans la nuit de mercredi à jeudi. Trois corps ont été retrouvés sur une petite embarcation qui approchait de la côte près de Dunkerque pour embarquer des passagers, et les secours ont pris en charge six personnes, dont un enfant d'un an. Un autre bateau a coulé au large d'Hardelot mercredi en fin de journée, et un homme est mort.
Le détail qui décrit la pratique actuelle est celui de l'embarcation près de Dunkerque. Elle arrivait pour charger et non pour partir : c'est la méthode dite du bateau-taxi, qui a remplacé le départ depuis la plage. Le bateau attend au large ou longe la côte et les passagers le rejoignent à pied dans l'eau ou à la nage, parce qu'une embarcation qui ne se pose jamais sur le sable est plus difficile à intercepter depuis le rivage.
Cette adaptation est un produit direct de la répression, et elle a rendu la traversée plus dangereuse sans la rendre moins fréquente. On embarque dans l'eau, de nuit, souvent sans savoir nager, sur un bateau déjà surchargé et instable avant même de mettre le cap au large. Plusieurs des décès récents surviennent à ce moment-là plutôt qu'au milieu de la Manche.
La Manche est l'une des voies maritimes les plus fréquentées du monde, et le débat politique qui l'entoure est bloqué depuis des années entre dissuasion côté français et traitement des demandes côté britannique. Ce qui change sous ce débat, c'est la méthode, et chaque fois qu'elle évolue pour contourner les contrôles, elle devient plus meurtrière à l'instant où les gens entrent dans l'eau.

