Vincent Belorgey, le producteur qui enregistrait sous le nom de Kavinsky, a été retrouvé mort à son domicile parisien le 28 juillet. Il avait 50 ans. Les enquêteurs ont indiqué qu'aucune circonstance suspecte n'avait été relevée. Il est arrivé dans la dernière vague de ce que l'étranger appelle encore la French touch, et il en a fait quelque chose qu'aucun autre n'a fait.
Nightcall, paru en 2010, ouvre Drive, et pour une large part de son public c'est là que le morceau et le film sont devenus un même objet. Le titre repose sur une figure de synthé lente et froide et sur une voix vocodée, et il fonctionne parce qu'il refuse de se résoudre dans l'euphorie que la musique de danse française avait appris à faire attendre. Il a vendu l'atmosphère du film avant la première réplique.
La suite l'a rendu central pour la synthwave plus que pour la house. Les références aux années 1980, le personnage inventé d'un homme mort en voiture et revenu en producteur, la pauvreté assumée de certains sons : c'était un monde complet, et assez cohérent pour qu'une génération de producteurs travaillant dans le même registre s'y mesure encore.
L'institution française a fini par le reconnaître, comme souvent. Il a interprété une nouvelle version de Nightcall aux côtés de Phoenix et d'Angèle lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris en 2024, devant un public qui avait pour l'essentiel découvert le morceau par un film. C'est une drôle de consécration pour un titre écrit pour sonner comme une fin de nuit.

