Une terreur nocturne ressemble au pire cauchemar d'une vie et relève d'un mécanisme presque inverse. Les cauchemars surviennent en sommeil paradoxal, ce sont des rêves, et le dormeur peut en général les raconter. Une terreur nocturne survient en sommeil lent profond, il n'y a le plus souvent rien à raconter, et au matin la plupart des gens n'en gardent aucun souvenir.
Il s'agit d'un éveil partiel. Les systèmes qui commandent le mouvement et l'éveil neurovégétatif passent en pleine activité tandis que les régions corticales supérieures, celles qui produiraient la conscience de la situation, restent endormies. Le résultat est un corps qui fait tout ce que fait un corps effrayé, se redresser, crier, transpirer, le coeur emballé, avec une réaction de peur que personne n'est là pour interpréter. C'est aussi pourquoi on ne peut pas raisonner quelqu'un pendant un épisode : la part à laquelle on s'adresserait n'est pas réveillée.
Le phénomène est surtout fréquent chez le jeune enfant, ce qui est une consolation pour la famille sur le long terme, puisque cela passe en grandissant, et aucune sur le moment. Les conseils courants découlent du mécanisme et non du folklore : ne pas chercher à réveiller, ce qui prolonge la confusion, sécuriser l'espace, et attendre. L'épisode se termine seul et le dormeur repart en général sans émerger.
Les facteurs déclenchants sont prosaïques et pour la plupart modifiables. Le manque de sommeil vient en tête, avec les horaires irréguliers, la fièvre, le stress et certains médicaments, et il existe une nette composante familiale. Pour une maisonnée en pleine série difficile, la conclusion pratique est que corriger le rythme de sommeil fait plus que tout ce qu'on peut tenter pendant la crise.

