Marine Le Pen a réaffirmé sa volonté de ramener l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans, voire à 60 ans pour certains salariés, lors du débat organisé par le Medef entre les principaux candidats à la présidentielle. La présidente du Rassemblement national a présenté ce retour en arrière comme un engagement non négociable de son projet, en rupture assumée avec la réforme portée par Emmanuel Macron.

Le dispositif défendu par Marine Le Pen prévoit un départ possible dès 60 ans pour les personnes entrées tôt sur le marché du travail, avant l'âge de 20 ans, tandis que l'âge légal serait fixé à terme à 62 ans, avec une durée de cotisation de 42 annuités. Elle en fait l'un des marqueurs sociaux de sa candidature, destiné à convaincre l'électorat populaire qui a porté le parti lors des scrutins précédents.

Cette prise de position confirme un début de fracture avec Jordan Bardella, president du Rassemblement national et présenté par Marine Le Pen elle même comme son futur Premier ministre en cas de victoire. Des informations avaient déjà circulé ces derniers mois sur une réflexion menée par l'entourage de Jordan Bardella pour assouplir la promesse, en mettant davantage l'accent sur la durée de cotisation de 42 ans que sur l'âge légal lui même, une option qui inquiète l'aile plus populaire du parti.

En maintenant fermement le cap des 62 ans, Marine Le Pen cherche a couper court aux interrogations sur un éventuel recul du parti sur ce totem social, alors que la campagne présidentielle entre dans sa phase la plus disputée et que l'économie, la dette publique et les retraites dominent déjà les premiers échanges entre candidats.

Ce récit s'appuie sur des informations rapportées par Le Journal du Net.