L'Université nationale autonome du Mexique a organisé cette année pour la première fois à distance les examens d'entrée de ses différentes filières. Les résultats sont revenus nettement supérieurs à ceux des années précédentes, au point que l'établissement a traité la distribution elle-même comme un indice, et les candidats sont appelés à repasser l'épreuve, l'université soupçonnant un recours massif à l'assistance par intelligence artificielle.
Le raisonnement est statistique plutôt que policier, et il tient. Un examen d'admission national passé par un très grand nombre de candidats produit une distribution qui bouge à peine d'une année sur l'autre. Une promotion ne devient pas collectivement meilleure en algèbre en douze mois. Quand la courbe se déplace sur toute une cohorte, l'explication honnête n'est presque jamais que les étudiants ont changé, et l'université n'a besoin de confondre personne individuellement pour savoir que les conditions, elles, étaient différentes.
C'est la surveillance à distance qui a cédé. Les logiciels de télésurveillance regardent la machine sur laquelle se passe l'épreuve, le flux de la webcam et la pièce derrière. Ils ne voient rien d'un second appareil posé hors du cadre, ce qui suffit largement quand l'aide est une fenêtre de conversation et non une personne. Ces contrôles ont été pensés pour une époque où tricher voulait dire une antisèche ou un coup frappé à la porte.

