Un homme de 59 ans a été mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire, a annoncé jeudi le parquet de Nice. Il lui est reproché d'avoir tué son fils de 17 ans dans l'appartement familial, à Nice, le lundi 3 août. Il a reconnu les faits en garde à vue et a parlé d'un coup de folie. Il était jusque-là inconnu de la justice. Il n'a pas été jugé et bénéficie de la présomption d'innocence.

L'enchaînement, tel que le décrit le parquet et que le rapporte l'AFP, est bref. Le lundi après-midi, l'homme a téléphoné à la police pour annoncer qu'il venait de tuer son fils et qu'il voulait mettre fin à ses jours. Les policiers ont découvert l'adolescent mort sur place, et le père blessé après une tentative de suicide. Quelques minutes avant leur arrivée, il avait envoyé des images de la scène à son épouse et aux parents de celle-ci. Il a déclaré aux enquêteurs avoir compris le matin même que son épouse ne reviendrait pas au domicile. Elle avait engagé une procédure de divorce, et le parquet indique qu'il n'avait pas accepté cette séparation.

Le détail qui pèsera dans l'instruction est l'origine de certains éléments retrouvés sur place. L'homme est aide-soignant dans un hôpital, et il a déclaré aux enquêteurs les avoir rapportés de son lieu de travail. Quel que soit le poids qu'une cour d'assises finira par lui donner, c'est la raison pour laquelle la qualification retenue est l'assassinat et non le meurtre. Le droit français distingue les deux par la préméditation, et l'écart n'a rien de théorique : la peine encourue passe de trente ans à la réclusion criminelle à perpétuité. Son propre récit d'une perte de contrôle soudaine sera confronté à la préparation que le dossier paraît décrire.

Trois jours avant les faits, le samedi, la mère avait quitté le domicile conjugal et s'était rendue dans un commissariat de Nice pour déposer plainte contre son conjoint pour violences conjugales et harcèlement. C'est la part de cette affaire qui ne lui est pas propre.

Le schéma est documenté et bien connu des services qui le traitent. La période qui entoure immédiatement une séparation est le moment le plus dangereux d'une relation violente, parce que c'est celui où l'auteur perd le contrôle de la personne qui part. Quand il y a des enfants, le risque ne reste pas cantonné à la conjointe. Tuer un enfant est compris dans cette littérature comme un acte dirigé contre la mère, et c'est bien pourquoi les dispositifs construits en France contre les violences conjugales, l'ordonnance de protection, le téléphone grave danger, l'éviction du conjoint violent du domicile, sont censés se déclencher exactement sur l'événement survenu ici, une plainte déposée par une femme qui vient de partir.

Ce qui n'est pas établi, et qu'un juge d'instruction devra maintenant déterminer, c'est ce qu'est devenue cette plainte entre le samedi et le lundi. Savoir si elle a fait l'objet d'une évaluation du danger, si les enfants ont été pris en compte dans cette évaluation, et si quelque chose a été enclenché avant la fin du week-end, sont des questions auxquelles le dossier devra répondre. Ce sont les seules de cette affaire dont les réponses pourraient changer quelque chose pour d'autres.

En France, le 3919 est le numéro national d'écoute pour les femmes victimes de violences, gratuit et anonyme. Le 119 est le numéro national de l'enfance en danger. En cas d'urgence, composez le 17 ou le 112.