Dans la nuit du 27 février, en pleine campagne des municipales à Nice, Christian Estrosi rentre chez lui avec son épouse et découvre une demi-tête de porc accrochée aux grilles de son domicile. Un de ses propres tracts de campagne y était épinglé, surmonté d'une étoile de David. Il dépose plainte. Lu à ce moment-là, il s'agissait d'une menace antisémite visant un maire sortant en pleine élection.
Ce qui a changé, c'est la direction de l'enquête. Selon Nice-Matin, un premier suspect, un Tunisien de 38 ans, a été interpellé une semaine plus tard, et ses relevés téléphoniques indiquent qu'il aurait été guidé jusqu'à l'adresse cette nuit-là par la directrice de la communication de Christian Estrosi. Ce seul élément fait sortir l'affaire de la catégorie de l'attaque contre une campagne pour la faire entrer dans celle d'une question sur la campagne.
Nice-Matin rapporte encore que cet homme, présenté comme un hacker et désigné par le prénom Amine S., affirme aujourd'hui que l'opération a été montée par Sevan B., un proche de la compagne de Christian Estrosi. Sevan B. nie avoir été la tête pensante. Il reconnaît en revanche avoir eu recours à des méthodes qu'il qualifie lui-même de limites au service de la campagne du maire sortant, notamment la réalisation de fausses vidéos par intelligence artificielle, et déclare qu'Amine S. mêle le vrai et le faux et se contredit sur les dates. Amine S. affirme aussi avoir rencontré Christian Estrosi une semaine avant la découverte de la tête de cochon et qu'un marché public de deux millions d'euros lui aurait été promis en contrepartie de services rendus à la campagne. Christian Estrosi dément fermement.
Éric Ciotti, aujourd'hui maire de Nice, a annoncé le 4 août se constituer partie civile dans l'information judiciaire, en estimant que si les faits étaient confirmés par cette information, on serait devant l'un des plus graves scandales politiques de la Ve République. Le conditionnel compte, et il l'a employé. Rien n'a été établi par un tribunal.

