Marine Le Pen a relancé sa campagne pour la présidentielle de 2027 par un discours à Hénin-Beaumont, la ville du Pas de Calais qu'elle a longtemps représentée à l'Assemblée nationale et qui reste un symbole fort de l'implantation locale du Rassemblement national. L'événement intervient quelques jours après un rassemblement des députés du parti au Touquet, et prend des allures de retour aux sources pour une candidate qui cherche à reprendre la main après plusieurs semaines difficiles.
Le choix du lieu n'est pas anodin. Hénin-Beaumont est administrée depuis plus de dix ans par le maire Steeve Briois, l'un des fidèles historiques du parti, et la ville incarne à elle seule la stratégie d'ancrage local patiemment construite par le Rassemblement national dans les anciens bastions ouvriers du Nord. En choisissant d'y prononcer son premier grand discours de la campagne, entourée de proches et de figures du parti qui l'accompagnent depuis ses débuts, Marine Le Pen a voulu rappeler que, chez les Le Pen, la loyauté familiale et le lien avec le terrain priment sur tout le reste.
Cette relance de campagne survient dans un contexte judiciaire toujours aussi pesant pour la présidente du Rassemblement national. Condamnée pour détournement de fonds publics europeens, elle fait l'objet d'une peine de cinq ans d'inéligibilité, de deux ans de détention à domicile sous surveillance électronique, d'une peine supplémentaire de deux ans avec sursis et d'une amende de 100 000 euros, une décision dont elle a fait appel. Marine Le Pen porte désormais un bracelet électronique, une image inédite pour une candidate a la magistrature suprême, qu'elle assume publiquement plutôt que de chercher à la dissimuler.
Sur le plan des sondages, Marine Le Pen reste pourtant largement en tête. Une enquête OpinionWay pour Les Échos, réalisée les 8 et 9 septembre, la crédite de 34% des intentions de vote au premier tour, quel que soit le scénario envisagé. Les dernières semaines ont toutefois été marquées par plusieurs faux pas, sur fond de tensions rapportées avec le président du parti Jordan Bardella, notamment autour de la question de l'aide a l'Ukraine, ainsi que par la diffusion d'une vidéo dans laquelle un policier membre du Rassemblement national tenait des propos racistes, sexistes et complotistes.
En choisissant de relancer sa campagne entourée de ses soutiens les plus anciens, dans la ville qui a vu naître son implantation politique, Marine Le Pen cherche à retrouver la maîtrise du récit a huit mois du premier tour, en misant sur la loyauté et l'enracinement local plutôt que sur les polémiques nationales qui ont récemment fragilisé son camp.
Ce récit s'appuie sur des informations rapportées par France 24 et Euronews.

