Marine Le Pen a relancé sa campagne pour la présidentielle de 2027 par un discours à Hénin-Beaumont, la ville du Pas de Calais qu'elle a longtemps représentée à l'Assemblée nationale et qui reste un symbole fort de l'implantation locale du Rassemblement national. L'événement intervient quelques jours après un rassemblement des députés du parti au Touquet, et prend des allures de retour aux sources pour une candidate qui cherche à reprendre la main après plusieurs semaines difficiles.
Le choix du lieu n'est pas anodin. Hénin-Beaumont est administrée depuis plus de dix ans par le maire Steeve Briois, l'un des fidèles historiques du parti, et la ville incarne à elle seule la stratégie d'ancrage local patiemment construite par le Rassemblement national dans les anciens bastions ouvriers du Nord. En choisissant d'y prononcer son premier grand discours de la campagne, entourée de proches et de figures du parti qui l'accompagnent depuis ses débuts, Marine Le Pen a voulu rappeler que, chez les Le Pen, la loyauté familiale et le lien avec le terrain priment sur tout le reste.
Cette relance de campagne survient dans un contexte judiciaire toujours aussi pesant pour la présidente du Rassemblement national. Condamnée pour détournement de fonds publics europeens, elle fait l'objet d'une peine de cinq ans d'inéligibilité, de deux ans de détention à domicile sous surveillance électronique, d'une peine supplémentaire de deux ans avec sursis et d'une amende de 100 000 euros, une décision dont elle a fait appel. Marine Le Pen porte désormais un bracelet électronique, une image inédite pour une candidate a la magistrature suprême, qu'elle assume publiquement plutôt que de chercher à la dissimuler.

