Léon Marchand referme ses championnats d'Europe de Saint-Denis le dimanche 16 août avec deux finales en une heure. Le 400 mètres nage libre à 19 h 21 et le relais 4 x 100 mètres 4 nages messieurs à 20 h 11, neuf minutes après la finale féminine, les deux en direct sur France 2. Il a déjà décroché l'or du 200 mètres papillon et l'argent du relais 4 x 200 mètres nage libre lors de ces championnats.

Le 400 nage libre est la course intéressante précisément parce que ce n'est pas la sienne. Le Toulousain est un spécialiste du quatre nages, et il a atteint la finale en terminant deuxième de sa série en 3'45"85, quatrième temps au total. C'est largement dans les huit, ce n'est pas une position de contrôle, et le plateau compte des nageurs qui ne font que cela. Le Hongrois Oliver Papai, le Belge Lucas Henveaux et les Allemands Oliver Klemet et Lukas Märtens en sont, et Märtens détient le record du monde.

Un nageur de quatre nages qui s'aligne sur un 400 nage libre tente quelque chose de précis. La distance lui convient parce que le quatre nages exige la base aérobie, et la nage ne lui convient pas, parce que les libristes purs passent leur carrière à affiner un seul mouvement sur exactement cette distance quand lui répartit son entraînement en quatre. Quatrième au chronomètre au sortir d'une série du matin est une bonne position pour quelqu'un qui concède cette spécialisation, et c'est aussi l'écart qu'il lui faut combler en une nage.

Reste le programme. Cinquante minutes entre la fin d'une finale du 400 nage libre et le départ d'un relais laissent peu de récupération après une épreuve qui vide un athlète, et c'est sur le relais que l'équipe de France a une vraie chance de titre continental. Léon Marchand le disputera avec Maxime Grousset, Yohann Ndoye Brouard et Carl Aitkaci. Un relais 4 nages récompense un relayeur exceptionnel entouré de trois solides, et la France se présente avec ce profil.

Le choix que cela crée est le genre de détail qui décide d'un décompte de médailles. Tout donner dans une course où il n'est pas favori coûte quelque chose dans celle où l'équipe est compétitive. Se retenir sur l'individuel pour protéger le relais est la décision disciplinée, et elle est difficile à prendre dans un bassin français devant une salle pleine. Rien dans l'arithmétique de la soirée ne rend les deux issues confortablement accessibles.

Une note du matin mérite d'être consignée. Sauveur Cristofini a manqué cette même finale pour six dixièmes de seconde. Sur 400 mètres, ce n'est rien du tout, et c'est la différence entre nager dimanche soir et le regarder.