Le torque en or de la sépulture de Vix a été volé au musée du Pays châtillonnais, à Châtillon-sur-Seine, dans la matinée du vendredi 24 juillet. Les voleurs ont acheté leur billet et sont entrés comme des visiteurs, ont brisé la vitrine du collier vers dix heures et demie, puis sont ressortis par l'entrée principale. La pièce a environ 2 500 ans et constitue l'objet le plus connu d'une sépulture princière celte qui compte parmi les découvertes majeures de l'âge du fer en Europe.
Le parquet a ouvert une enquête pour criminalité organisée, avec l'appui de la juridiction interrégionale spécialisée de Nancy au vu de la complexité du dossier, et un suspect a depuis été interpellé. Le gouvernement a annoncé un plan national de sécurité des musées et des monuments, réponse habituelle et, en l'occurrence, aveu que plusieurs institutions françaises ont désormais été cambriolées dans des conditions comparables.
La méthode mérite qu'on s'y arrête. Pas d'entrée nocturne, pas d'alarme neutralisée dans le noir, pas de tunnel. Un musée de région, dans une petite ville, ouvre à heure fixe, laisse entrer qui paie, et s'en remet dans la journée à une vitrine et à l'attention du personnel. Ce modèle tient tant que personne ne juge l'objet digne d'une visite payante.
La valeur or d'un torque est dérisoire au regard de ce qu'il est. Fondu, c'est quelques kilos de métal, et c'est pourquoi les professionnels du patrimoine redoutent ces vols plus que des vols d'art de valeur comparable : un tableau doit être vendu pour valoir quelque chose, un objet d'or antique non. Le retrouver intact est le seul dénouement qui compte, et le compte à rebours a commencé vendredi.

