Un poids lourd transportant des matières dangereuses a commencé à dégager des fumées potentiellement toxiques au péage de Toulouse Nord vers 17 heures, le jeudi 13 août. Les autorités ont ordonné le confinement de toutes les personnes situées dans un rayon de 500 mètres, cinq rues voisines sont concernées, et la préfecture de la Haute-Garonne a activé son centre opérationnel départemental pour piloter la réponse.

Le camion est immobilisé sur le parking du péage, juste après la barrière nord en direction de Montauban, où se trouve également le poste de sécurité du site. Le produit qui s'échappe est décrit à La Dépêche comme un liquide corrosif de type acide, et l'évaluation complète du risque toxique était encore en cours par des équipes spécialisées. Un témoin a rapporté qu'un nuage jaune s'échappait du véhicule. Les gendarmes tiennent le périmètre, la voie de droite de l'autoroute est neutralisée, et une bonne dizaine de véhicules de secours sont sur place.

Le confinement est la bonne consigne ici, et elle mérite d'être expliquée, car le réflexe en cas d'urgence est de partir. Face à une vapeur corrosive dense au niveau du sol, un bâtiment fermé, ventilation coupée, filtre mieux que l'air libre, et ceux qui traversent le panache à pied ou en voiture avec la ventilation en marche sont les plus exposés. Cette consigne n'est pas une précaution contre la panique. C'est la mesure de protection elle-même, et elle ne vaut que si elle est suivie.

Le lieu constitue l'autre moitié du problème. Un péage concentre les véhicules dans un espace étroit, avec des bâtiments et des habitations à proximité, ce qui explique que cinq rues tombent dans un rayon de 500 mètres. C'est aussi, pour les secours, une configuration presque favorable : le camion est à l'arrêt, le site dispose de son propre poste de sécurité, et l'autoroute peut être rétrécie plutôt que coupée. Si la même fuite s'était déclarée en roulant sur la chaussée ouverte, la zone touchée aurait été une ligne et non un cercle.

La France transporte par la route un très gros volume de matières dangereuses, sous le régime international ADR qui encadre l'emballage, l'étiquetage, la formation des conducteurs et les plaques orange permettant aux secours d'identifier un chargement avant de s'en approcher. Les incidents de ce type restent rares au regard de ce volume, et le dispositif repose sur l'idée qu'en cas d'accident la substance peut être identifiée vite. C'est cette identification que les équipes spécialisées achevaient jeudi soir.

La préfecture a indiqué que les actualisations seraient diffusées sur ses réseaux sociaux officiels, et c'est là que les habitants du périmètre doivent regarder plutôt que vers les comptes qui relaient le nuage jaune. Dans les rues concernées, il faut rester à l'intérieur, fermer les fenêtres et couper la ventilation jusqu'à la levée de la consigne par la préfecture.