Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie et des partenariats internationaux, a profité d'un entretien à France 24 pour avancer une idée qui s'installe mal au milieu d'une urgence nationale. La France peut améliorer sa préparation, renforcer ses infrastructures et réécrire ses règles d'urbanisme, la saison des feux restera fixée par des décisions prises partout ailleurs.
Elle a distingué les deux échelles de temps au lieu de les confondre. Le travail immédiat est opérationnel : déplacer les habitants, tenir les lignes de feu, maintenir la flotte aérienne en vol. Le travail lent est structurel, et recouvre l'adaptation, la résilience des réseaux et le choix des zones constructibles. Les gouvernements doivent continuer d'investir dans les deux. Son argument est que leur somme n'atteint toujours pas la cause, puisque la cause est une accumulation d'émissions qu'aucun État ne maîtrise seul.
C'est une chose inconfortable à dire pour une ministre quand le pays brûle, et c'est pour cela que la déclaration mérite d'être relevée. Le réflexe politique en période de catastrophe est de promettre la suffisance, plus d'appareils, plus de pompiers, des alertes plus rapides, parce que la suffisance est ce qu'un gouvernement peut donner à voir. Admettre que la capacité nationale a un plafond appelle la question suivante : que se passe-t-il quand ce plafond est atteint.

